In the spirit of this heading paraphrasing a fundamental text of photographic modernity by the well known German philosopher Walter Benjamin (1), I am working on creating a monography of images articulated around the decline of silver-gelatin photography, taking as my object the obsolescence of the darkroom.

As an agent in and witness of a pivotal moment in the history of art and technologies, squeezed between the dual procedures of analogical and digital recording, I find the utmost importance to invest the iconicity of the darkroom with the connotations of ruin and post-industrial debris.

Closely echoing the notion of bereavement that is the basis of my creative acts, I observe reality as would an accident expert, investigating the strangeness of clues found at the “scene of the crime” where inactinic lighting and suspended time veil the imprint of the premises.

My investigation, iconoclastic and sacrilegious, scrutinizes the “surrealizing” incongruity of darkrooms and throws the spotlight on the bric-à-brac of plumbing and electricity, the ventilation-system engines, the posted iconography, the weirdness of “planets” envisioned at the bottom of chemical trays, the splattering of silver salts, the wear of equipment and the countdown of timers that defies the disappearance of the panchromatic spectre.

Atypical and constantly being reinvented, my works responds to my own states of urgency. Leading into this arm-to-arm combat with the physicality of place and the chromaticism of pixels and pigmented inks, the collapse of and the distantiation with a whole phase of my work, I am experimenting with what remains of imagination and memory, with the point where object and subject merge. This arises as much from an ethic I expressly aim for as from the inevitable duress of bequeathed by my private existence.












Dans l’esprit de cet intitulé paraphrasant un texte fondateur de la modernité photographique écrit par le réputé philosophe allemand Walter Benjamin (2), j’œuvre à la création d’une monographie d’images articulée autour du déclin de la photographie argentique, en prenant pour objet la désuétude de la chambre noire.

Acteur et témoin d’une période charnière de l’histoire de l’art et des technologies, pris en tenaille entre les procédés de captation analogiques et numériques, leur dualité, j’investis l’iconicité de la chambre noire en tant que ruines et débris post-industriels.

En résonnance étroite avec la notion d’endeuillement qui est au fondement de mes actes créatifs, j’observe le réel à la manière d’un expert en sinistre, enquêtant l’étrangeté des indices retrouvés sur «le théatre du crime», là où l’éclairage inactinique et le temps suspendu masquent l’empreinte des lieux.

Enquête iconoclaste et sacrilège où je scrute l’incongruité «surréalisante» des chambre noires pour éclairer de plein-fouet le bric-à-brac électrique, celui de la plomberie, les moteurs des systèmes d’aération, l’iconographie affichée, la bizzarerie des «planètes» imaginées au fond des cuves chimiques, l’éclaboussure des sels d’argent, l’usure des équipements et lecompte-à-rebours des minuteries qui défient la disparition du spectre panchromatique.

Atypiques et constamment réinventés, mes travaux répondent à mes états d’urgence et ne sont tenus à aucune obligation esthétique. Induisant dans ce corps-à-corps avec la physicalité des lieux et le chromatisme de la pixelisation et des encres aux pigments, l’effondrement et la mise à distance de tout un pan de ma production, j’expérimente ce qui tient de l’imaginaire autant que de la mémoire, et où se confondent l’objet et le sujet. Cela relève autant d’une éthique que je me fixe sciemment que d’une contrainte imprescriptible léguée par le privé de l’existence.




(1) «The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction», Zeitschrift fur Sozialforschung, V, 1, 1936

(2) . «L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique», Zeitschrift fur Sozialforschung, V, p. 40-66, Paris, 1936